Mis à jour : mai 2026 13 min de lecture Sources : Légifrance, Ministère du Travail
📥 Suivi médical et DUERP sont indissociables.
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En 2026, le suivi médical des salariés reste une obligation absolue pour tout employeur du secteur privé, quelle que soit la taille de l'entreprise. La Cour de cassation rappelle régulièrement que l'employeur a une obligation de résultat en matière de santé au travail (Cass. soc. 24 janvier 2024). Deux textes récents — le décret n° 2025-355 du 18 avril 2025 et le décret n° 2026-253 du 8 avril 2026 — ont modifié la liste des postes à risques et le périmètre du suivi individuel renforcé (SIR). Le coût standard du SPST a également été fixé à 116 € HT par travailleur depuis le 1er janvier 2026. Ce guide passe en revue les 5 visites obligatoires, les périodicités, les sanctions encourues et la méthode pour piloter le suivi médical en PME et ETI.

Quelles sont les visites médicales obligatoires en 2026 ?

Le Code du travail (articles L.4624-1 à L.4624-8 et R.4624-10 à R.4624-45-9) distingue 5 grands types de visites médicales obligatoires, sans compter les visites à la demande qui sont facultatives mais protégées.

Les 5 visites médicales obligatoires en 2026

VisiteDélai / périodicitéRéalisée parRéférence
VIP — Visite d'Information et de PréventionDans les 3 mois suivant la prise de poste · puis tous les 5 ansMédecin du travail ou IDEST sous protocoleArt. R.4624-10
SIR — Suivi Individuel Renforcé (postes à risques)Avant prise de poste · tous les 4 ans + visite intermédiaire à 2 ansMédecin du travail uniquementArt. R.4624-23
Visite de mi-carrièreÀ 45 ans (ou âge fixé par accord de branche)Médecin du travailArt. R.4624-22 · Loi 2021-1018
Visite de repriseDans les 8 jours après arrêt > 60 jours (maladie, accident) · ou retour congé maternitéMédecin du travailArt. R.4624-31
Visite de pré-repriseDès 30 jours d'arrêt · à l'initiative du salarié, du médecin traitant ou du médecin-conseilMédecin du travailArt. R.4624-29
Cas spécifiques : les travailleurs de nuit, handicapés ou titulaires d'une pension d'invalidité bénéficient d'un suivi adapté tous les 3 ans. Les jeunes de moins de 18 ans et les travailleurs sur postes à risques doivent passer la VIP avant la prise de poste (et non dans les 3 mois). Le dossier médical en santé au travail (DMST) est conservé 50 ans après la fin de l'activité (article L.4624-8).

Quelles sont les périodicités à respecter ?

Le respect strict des périodicités est la première source de contentieux. La Cour de cassation (Cass. soc. 24 janvier 2024) a confirmé que l'employeur ne peut pas se décharger sur le SPST : il reste responsable de l'organisation et du suivi.

Périodicités à respecter par catégorie de salarié

CatégoriePériodicité maximaleParticularité
Salarié standardVIP tous les 5 ansVIP initiale sous 3 mois embauche
Travailleur de nuitVIP tous les 3 ansVIP avant prise de poste
Travailleur handicapé / pension invaliditéVIP tous les 3 ansSuivi adapté
Salarié de moins de 18 ans (apprentis…)VIP tous les 3 ansAvant prise de poste si travaux réglementés
Poste SIR (amiante, plomb, CMR, hauteur…)Visite médicale tous les 4 ans + visite intermédiaire à 2 ansAvis d'aptitude (et non simple attestation de suivi)
Travailleurs DATR (rayonnements ionisants)AnnuelSurveillance renforcée
Mi-carrière1 fois dans la carrièreÀ 45 ans · état des lieux santé / poste

Postes SIR — quelle nouveauté en 2026 ?

Le Suivi Individuel Renforcé (SIR) concerne les salariés affectés à des postes présentant des risques particuliers pour leur santé ou celle d'autrui (article R.4624-23). La liste de ces postes a été modifiée à deux reprises récemment.

Nouveauté 1 — Décret n° 2025-355 du 18 avril 2025

Entré en vigueur le 1er octobre 2025, ce décret a supprimé le SIR pour les salariés titulaires d'une habilitation électrique ou d'une autorisation de conduite. Ils sont désormais soumis à une simple attestation de non-contre-indication médicale, valable 5 ans, délivrée par le médecin du travail.

Nouveauté 2 — Décret n° 2026-253 du 8 avril 2026

Modifie l'article R.4624-23 du Code du travail pour actualiser la liste des postes à risques relevant du SIR. Les postes concernés sont notamment ceux exposant les salariés à :

  • L'amiante et au plomb
  • Les agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (CMR) (article R.4412-60)
  • Les agents biologiques des groupes 3 et 4
  • Les rayonnements ionisants (catégories A et B)
  • Les risques hyperbares (plongée professionnelle)
  • Les risques de chute de hauteur sur travaux temporaires en hauteur
Action recommandée 2026 : auditer les postes de l'entreprise au regard de la nouvelle liste R.4624-23 en lien avec le DUERP numérique, et intégrer les postes complémentaires identifiés après consultation du CSE.

Quel est le coût d'une visite médicale en 2026 ?

L'employeur n'a pas de facturation directe par visite : il cotise au SPST (Service de Prévention et de Santé au Travail). L'arrêté du 25 septembre 2025 a fixé un socle national standardisé qui s'applique depuis le 1er janvier 2026.

Coût de la cotisation SPST en 2026

ÉlémentMontant 2026Référence
Coût moyen national du socle de services116 € HT par travailleur / anArrêté 25/09/2025
Borne basse (− 20 %)92,80 € HTCotisation SPSTI
Borne haute (+ 20 %)139,20 € HTCotisation SPSTI
Frais salarié0 € (visite + trajet pris en charge)Art. R.4624-31
Temps salariéRémunéré comme temps de travail effectifCode du travail

Pour une PME de 50 salariés, le coût standard SPST 2026 est d'environ 5 800 € HT/an. Pour une ETI de 250 salariés, il est d'environ 29 000 € HT/an. Ce coût couvre toutes les visites obligatoires, sans facturation supplémentaire à l'acte.

Que risque l'employeur en cas d'oubli ?

L'absence de visite médicale n'est jamais neutre juridiquement. Elle peut être retenue comme manquement à l'obligation de sécurité en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle, et ouvrir la voie à la reconnaissance de la faute inexcusable de l'employeur.

Sanctions pour défaut de visite médicale

ManquementSanctionRéférence
Défaut d'organisation de la visite1 500 € d'amende par salarié (contravention 5e classe)Art. L.4745-1
Récidive dans un délai de 3 ans4 mois de prison + 3 750 € d'amendeArt. L.4745-1
Accident du travail consécutifFaute inexcusable · majoration rente AT/MP · prise en charge intégrale par l'employeurCass. soc. 24 janvier 2024
Préjudice du salariéDommages-intérêts aux Prud'hommes pour manquement à l'obligation de sécuritéJurisprudence constante
Délai VIP non tenu (au-delà de 3 mois)Manquement même si la visite a eu lieuJurisprudence Cass. soc.
Refus du salarié : en principe, un salarié ne peut pas refuser une visite médicale obligatoire. La jurisprudence considère le refus injustifié comme une faute professionnelle pouvant justifier une sanction disciplinaire, voire un licenciement pour faute grave dans certains cas (notamment SIR).

Comment organiser le suivi médical en PME ?

Un suivi médical conforme repose sur 4 étapes opérationnelles. La traçabilité est la meilleure protection en cas de contrôle DREETS ou de contentieux.

Étape 1 — Adhérer au SPST et désigner un interlocuteur

L'adhésion à un SPSTI (Service de Prévention et de Santé au Travail Interentreprises) est obligatoire pour tout employeur, dès le 1er salarié (article L.4621-1). Désignez en interne un référent (RH ou office manager) pour centraliser les échanges avec le SPST.

Étape 2 — Auditer les postes au regard du DUERP et de la liste R.4624-23

Identifiez les postes relevant du SIR (postes à risques) en lien avec votre DUERP numérique. Cette analyse doit être tracée et mise à jour après chaque modification de poste, d'organisation ou de matériel.

Étape 3 — Établir un calendrier prévisionnel

Pour chaque salarié, calculez la date d'échéance de la prochaine visite. Anticipez avec le SPST 2 à 3 mois avant l'échéance. Pour les visites de reprise, agissez dès la notification d'arrêt > 60 jours (délai légal de 8 jours après reprise).

Étape 4 — Tracer convocations, attestations et avis

Conservez dans un dossier individuel par salarié : convocations, attestations de suivi, avis d'aptitude/inaptitude, restrictions médicales. Cette traçabilité est indispensable en cas de contrôle DREETS ou de litige.

Anticiper le suivi médical avec Humans Board

Les visites médicales sont des obligations administratives — Humans Board ne les remplace pas, mais aide à les rendre plus efficaces. La plupart des arrêts longs (santé mentale, burn-out) ne sont pas détectés par les visites périodiques tous les 5 ans. Ils se forment 4 à 6 semaines avant la dégradation visible — fenêtre pendant laquelle un signal faible RPS, capté en continu, permet d'anticiper.

Ce que Humans Board apporte au suivi médical

  • Détection précoce des RPS — signaux faibles hebdomadaires permettant de déclencher une visite à la demande (article R.4624-34) avant la dégradation
  • Préparation du dossier médecin du travail — données comportementales anonymes, agrégées par équipe, transmissibles au SPST
  • Anticipation des visites de reprise — déclenchement automatique du rendez-vous de liaison (L.4624-2-1) après absence longue
  • Alimentation du DUERP — section RPS auto-renseignée · données utilisables pour la cartographie des postes à risque
Conformité native : RGPD + ANI QVCT 2023. Hébergement exclusivement en France. IA souveraine française. Anonymat technique non contournable — Humans Board ne traite jamais de données de santé individuelles ; seules des tendances collectives sont analysées.

Questions fréquentes

Quelles sont les visites médicales obligatoires pour un employeur en 2026 ?

Cinq visites principales : la VIP (Visite d'Information et de Prévention) sous 3 mois après l'embauche puis tous les 5 ans, le SIR (Suivi Individuel Renforcé) pour les postes à risques tous les 4 ans avec visite intermédiaire à 2 ans, la visite de mi-carrière à 45 ans, la visite de reprise sous 8 jours après un arrêt > 60 jours, et la visite de pré-reprise dès 30 jours d'arrêt à l'initiative du salarié ou du médecin.

Quelle est la sanction pour défaut de visite médicale en 2026 ?

L'employeur défaillant encourt une amende de 1 500 € par salarié (contravention de 5e classe, article L.4745-1). En cas de récidive dans un délai de 3 ans : 4 mois de prison + 3 750 € d'amende. En cas d'accident du travail, le défaut de visite peut être retenu comme faute inexcusable (Cass. soc. 24 janvier 2024).

Combien coûte le suivi médical d'un salarié en 2026 ?

Depuis le 1er janvier 2026, le coût moyen national du socle de services SPST est de 116 € HT par travailleur et par an (arrêté du 25 septembre 2025), avec une fourchette autorisée de 92,80 € à 139,20 € HT. Ce coût est intégralement à la charge de l'employeur ; le salarié ne paie rien et son temps de visite est rémunéré.

Qu'est-ce que la visite de mi-carrière obligatoire à 45 ans ?

Instaurée par la loi du 2 août 2021, c'est une visite réalisée par le médecin du travail à 45 ans (ou à un âge fixé par accord de branche). Elle a pour objectif d'établir un état des lieux de la santé du salarié à mi-parcours et de proposer, si nécessaire, des aménagements de poste ou d'horaires pour prévenir l'usure professionnelle (article R.4624-22).

Quels postes relèvent du SIR en 2026 après le décret 2026-253 ?

Les postes exposant à : amiante, plomb, agents CMR (cancérogènes, mutagènes, toxiques pour la reproduction), agents biologiques des groupes 3 et 4, rayonnements ionisants, risques hyperbares, risques de chute de hauteur. Depuis le décret n° 2025-355 du 18 avril 2025, le SIR ne s'applique plus aux titulaires d'une simple habilitation électrique ou d'une autorisation de conduite : ils sont soumis à une attestation valable 5 ans.

Un salarié peut-il refuser une visite médicale obligatoire ?

En principe non. Le refus injustifié est considéré comme une faute professionnelle pouvant justifier des sanctions disciplinaires, voire un licenciement pour faute grave en cas de SIR. En revanche, la visite à la demande (article R.4624-34) est un droit du salarié — sa demande ne peut motiver aucune sanction.

Le médecin du travail peut-il transmettre les résultats à l'employeur ?

Non. Le secret médical est absolu. Le médecin du travail ne transmet à l'employeur que l'avis d'aptitude / inaptitude et les éventuelles préconisations d'aménagement du poste, sans révéler la raison médicale. L'employeur ne peut jamais demander au salarié les motifs médicaux d'une restriction. Le DMST (dossier médical en santé au travail) est confidentiel et conservé 50 ans par le SPST (article L.4624-8).

Comment Humans Board peut-il aider sur le suivi médical ?

Humans Board ne remplace pas les visites médicales — il les rend plus efficaces. La plateforme détecte chaque semaine les signaux faibles RPS dans les équipes (anonymes, agrégés), ce qui permet de déclencher une visite à la demande (R.4624-34) 4 à 6 semaines avant la dégradation visible. Conforme RGPD et ANI QVCT 2023. Hébergement France. IA souveraine française.

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Sources primaires : Légifrance — Code du travail Section 2 : Suivi individuel de l'état de santé du travailleur (R.4624-10 à R.4624-45-9) · Légifrance — Art. R.4624-10 (VIP) · Ministère du Travail · Articles L.4621-1, L.4624-1 à L.4624-8, R.4624-10, R.4624-22, R.4624-23, R.4624-29, R.4624-31, R.4624-34, L.4745-1 du Code du travail · Loi n° 2021-1018 du 2 août 2021 (loi santé au travail) · Décret n° 2022-372 du 16 mars 2022 (modalités SIR) · Décret n° 2025-355 du 18 avril 2025 (suppression SIR pour habilitations électriques / autorisations de conduite, entrée en vigueur 1er octobre 2025) · Décret n° 2026-253 du 8 avril 2026 (mise à jour liste postes SIR R.4624-23) · Arrêté du 25 septembre 2025 (cotisation SPST 2026) · Cass. soc. 24 janvier 2024 (obligation de résultat employeur)