Visite médicale obligatoire 2026 : guide complet pour les PME et ETI

Mis à jour : 15 min de lecture Sources : Légifrance, Ministère du Travail
Infographie, visite médicale 2026 : amende de 1 500 € par salarié pour défaut de suivi médical obligatoire en PME et ETI (5e classe)
Visite médicale obligatoire 2026 en PME et ETI : VIP, SIR, mi-carrière, visites de reprise, sanctions et cotisation SPST. Sources Légifrance, Ministère du Travail.
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Le calendrier 2026 des visites médicales, avec les 4 visites obligatoires et la préreprise, leurs délais réels et un tableau de suivi par salarié.
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En 2026, un salarié doit passer une visite d'information et de prévention dans les 3 mois suivant son embauche, puis tous les 5 ans, et l'employeur cotise 116 € par salarié et par an au service de prévention et de santé au travail. Cette obligation vaut pour tout employeur du secteur privé, quelle que soit la taille de l'entreprise. La Cour de cassation juge que le salarié qui se tient à la disposition de son employeur dans l'attente de sa visite de reprise a droit à son salaire (Cass. soc. 24 janvier 2024, pourvoi n° 22-18.437). Deux textes récents, le décret n° 2025-355 du 18 avril 2025 et le décret n° 2026-253 du 8 avril 2026, ont fait évoluer le cadre des visites et le périmètre du suivi individuel renforcé (SIR). Le coût standard du SPST a également été fixé à 116 € HT par travailleur depuis le 1er janvier 2026. Ce guide passe en revue les 5 visites du suivi médical, les périodicités, les sanctions encourues et la méthode pour piloter le suivi médical en PME et ETI.

Quelles sont les visites médicales obligatoires en 2026 ?

Le Code du travail (articles L.4624-1 à L.4624-8 et R.4624-10 à R.4624-45-9) distingue 5 grands types de visites, dont 4 obligatoires, sans compter les visites à la demande qui sont facultatives mais protégées.

Les 5 visites médicales en 2026 : 4 obligatoires et 1 facultative, la visite de préreprise
VisiteDélai / périodicitéRéalisée parRéférence
VIP : Visite d'Information et de PréventionDans les 3 mois suivant la prise de poste · puis tous les 5 ansMédecin du travail, ou infirmier en santé au travail sous protocoleArt. R.4624-10
SIR : Suivi Individuel Renforcé (postes à risques)Avant prise de poste · tous les 4 ans + visite intermédiaire à 2 ansMédecin du travail uniquementArt. R.4624-23 · R.4624-28
Visite de mi-carrièreÀ 45 ans (ou âge fixé par accord de branche)Médecin du travailArt. L.4624-2-2 · Loi 2021-1018
Visite de repriseDans les 8 jours après un arrêt d'au moins 60 jours (maladie non professionnelle), d'au moins 30 jours (accident du travail), après une maladie professionnelle ou un congé maternité. Depuis le 15 juin 2026, non requise si une visite de pré-reprise a conclu à l'absence d'aménagement.Médecin du travailArt. R.4624-31 · décret n° 2026-503
Visite de pré-repriseAprès plus de 30 jours d'arrêt · à l'initiative du salarié, du médecin traitant ou du médecin-conseilMédecin du travailArt. R.4624-29
Cas spécifiques : les travailleurs de nuit, handicapés ou titulaires d'une pension d'invalidité bénéficient d'un suivi adapté tous les 3 ans. Les jeunes de moins de 18 ans doivent passer la VIP avant la prise de poste (et non dans les 3 mois). Sur les postes à risques, ce n'est pas une VIP : c'est un examen médical d'aptitude par le médecin du travail, qui remplace la VIP (article R.4624-24). Le dossier médical en santé au travail (DMST) est conservé 40 ans à compter de la dernière visite au service de prévention et de santé au travail (article R.4624-45-9).

Quelles sont les périodicités à respecter ?

Le respect strict des périodicités est une source fréquente de contentieux. La Cour de cassation (Cass. soc. 24 janvier 2024) a jugé que le salarié qui reste à disposition dans l'attente de sa visite de reprise conserve son salaire : l'oubli coûte donc directement à l'entreprise.

Périodicités à respecter par catégorie de salarié
CatégoriePériodicité maximaleParticularité
Salarié standardVIP tous les 5 ansVIP initiale sous 3 mois embauche
Travailleur de nuitVIP tous les 3 ansVIP avant prise de poste
Travailleur handicapé / pension invaliditéVIP tous les 3 ansSuivi adapté
Salarié de moins de 18 ans (apprentis…)VIP tous les 3 ansAvant la prise de poste, dans tous les cas
Poste SIR (amiante, plomb, agents cancérogènes, hauteur…)Visite médicale tous les 4 ans + visite intermédiaire à 2 ansAvis d'aptitude (et non simple attestation de suivi)
Travailleurs exposés aux rayonnements ionisants, catégorie AAnnuelSurveillance renforcée
Mi-carrière1 fois dans la carrièreÀ 45 ans · état des lieux santé / poste

Postes SIR : les 2 nouveautés applicables en 2026

Le Suivi Individuel Renforcé (SIR) concerne les salariés affectés à des postes présentant des risques particuliers pour leur santé ou celle d'autrui (article R.4624-23). La liste de ces postes a été modifiée à deux reprises récemment.

Nouveauté 1 : Décret n° 2025-355 du 18 avril 2025

Entré en vigueur le 1er octobre 2025, ce décret a supprimé le SIR pour les salariés titulaires d'une habilitation électrique ou d'une autorisation de conduite. Ils sont désormais soumis à une simple attestation de non-contre-indication médicale, valable 5 ans, délivrée par le médecin du travail.

Nouveauté 2 : Décret n° 2026-253 du 8 avril 2026 et postes SIR concernés

Ce décret porte sur les valeurs limites d'exposition professionnelle au plomb, aux diisocyanates et aux émissions de moteurs diesel. Il ne touche l'article R.4624-23 du Code du travail que sur un point de rédaction. Les postes concernés sont notamment ceux exposant les salariés à :

Action recommandée 2026 : auditer les postes de l'entreprise au regard de la nouvelle liste R.4624-23 en lien avec le DUERP numérique, et intégrer les postes complémentaires identifiés après consultation du CSE (comité social et économique).

Quel est le coût d'une visite médicale en 2026 ?

L'employeur n'a pas de facturation directe par visite : il cotise au SPST (Service de Prévention et de Santé au Travail). L'arrêté du 25 septembre 2025 a fixé un socle national standardisé qui s'applique depuis le 1er janvier 2026.

Coût de la cotisation SPST en 2026
ÉlémentMontant 2026Référence
Coût moyen national du socle de services116 € HT par travailleur / anArrêté 25/09/2025
Borne basse (− 20 %)92,80 € HTArt. D.4622-27-6
Borne haute (+ 20 %)139,20 € HTArt. D.4622-27-6
Frais salarié0 € (visite + trajet pris en charge)Art. R.4624-39
Temps salariéRémunéré comme temps de travail effectifCode du travail

Pour une PME de 50 salariés, le coût standard SPST 2026 est d'environ 5 800 € HT/an. Pour une ETI de 250 salariés, il est d'environ 29 000 € HT/an. Ce coût couvre toutes les visites obligatoires, sans facturation supplémentaire à l'acte.

Que risque l'employeur en cas d'oubli ?

L'absence de visite médicale n'est jamais neutre juridiquement. Elle peut être retenue comme manquement à l'obligation de sécurité en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle, et ouvrir la voie à la reconnaissance de la faute inexcusable de l'employeur.

Sanctions pour défaut de visite médicale
ManquementSanctionRéférence
Défaut d'organisation de la visite1 500 € d'amende par salarié (contravention 5e classe)Art. R.4745-3 · art. 131-13 code pénal · Cass. crim. 12/01/2016
Récidive dans un délai de 3 ans4 mois de prison + 3 750 € d'amendeArt. L.4745-1
Accident du travail consécutifFaute inexcusable · majoration rente AT/MP (accidents du travail et maladies professionnelles) · prise en charge intégrale par l'employeurJurisprudence en matière de faute inexcusable
Préjudice du salariéDommages-intérêts aux Prud'hommes pour manquement à l'obligation de sécuritéJurisprudence constante
Délai VIP non tenu (au-delà de 3 mois)Manquement même si la visite a eu lieuJurisprudence Cass. soc.
Refus du salarié : en principe, un salarié ne peut pas refuser une visite médicale obligatoire. La jurisprudence considère le refus injustifié comme une faute professionnelle pouvant justifier une sanction disciplinaire, voire un licenciement pour faute grave dans certains cas (notamment SIR).

Comment organiser le suivi médical en PME ?

Un suivi médical conforme repose sur 4 étapes opérationnelles. La traçabilité est la meilleure protection en cas de contrôle DREETS (direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités) ou de contentieux.

Étape 1 : Adhérer au SPST et désigner un interlocuteur

L'adhésion à un SPSTI (Service de Prévention et de Santé au Travail Interentreprises) est obligatoire pour tout employeur, dès le 1er salarié (article L.4621-1). Désignez en interne un référent (ressources humaines ou responsable administratif) pour centraliser les échanges avec le SPST. Le rôle du médecin du travail, les missions du SPST et ce que risque l'employeur qui n'adhère pas sont détaillés dans le guide de la médecine du travail.

Étape 2 : Auditer les postes au regard du DUERP et de la liste R.4624-23

Identifiez les postes relevant du SIR (postes à risques) en lien avec votre DUERP numérique. Cette analyse doit être tracée et mise à jour après chaque modification de poste, d'organisation ou de matériel.

Étape 3 : Établir un calendrier prévisionnel

Pour chaque salarié, calculez la date d'échéance de la prochaine visite. Anticipez avec le SPST 2 à 3 mois avant l'échéance. Pour les visites de reprise, agissez dès la notification d'arrêt > 60 jours (délai légal de 8 jours après reprise).

Étape 4 : Tracer convocations, attestations et avis

Conservez dans un dossier individuel par salarié : convocations, attestations de suivi, avis d'aptitude/inaptitude, restrictions médicales. Cette traçabilité est indispensable en cas de contrôle DREETS ou de litige. Le calendrier des visites médicales obligatoires reprend ces échéances salarié par salarié et se télécharge gratuitement.

Anticiper le suivi médical avec Humans Board

Les visites médicales sont des obligations administratives : Humans Board ne les remplace pas, mais aide à les rendre plus efficaces. Les arrêts longs liés à la santé mentale ne sont pas détectés par les visites périodiques tous les 5 ans. Les signes qui les annoncent apparaissent avant la dégradation visible, une période pendant laquelle un signal faible RPS, capté en continu, permet d'anticiper. Les actions qui en découlent se consignent dans le modèle de plan d'action de prévention des risques psychosociaux, gratuit en Excel.

Ce que Humans Board apporte au suivi médical

Hébergement en France. Résultats collectifs uniquement : les analyses portent sur des tendances agrégées, jamais sur une personne nommément identifiée.

Questions fréquentes

Quelles sont les visites médicales obligatoires pour un employeur en 2026 ?

Quatre visites sont obligatoires pour l'employeur, et une cinquième est facultative, la visite de préreprise. Les quatre obligatoires sont la VIP (Visite d'Information et de Prévention) sous 3 mois après l'embauche puis tous les 5 ans, le SIR (Suivi Individuel Renforcé) pour les postes à risques tous les 4 ans avec visite intermédiaire à 2 ans, la visite de mi-carrière à 45 ans et la visite de reprise sous 8 jours après un arrêt > 60 jours. La visite de pré-reprise, après plus de 30 jours d'arrêt, est à l'initiative du salarié ou du médecin.

Quelle est la sanction pour défaut de visite médicale en 2026 ?

L'employeur défaillant encourt une amende de 1 500 € par salarié (contravention de 5e classe, article R.4745-3). En cas de récidive dans un délai de 3 ans : 4 mois de prison + 3 750 € d'amende. En cas d'accident du travail, le défaut de visite peut être retenu comme faute inexcusable.

Combien coûte le suivi médical d'un salarié en 2026 ?

Depuis le 1er janvier 2026, le coût moyen national du socle de services SPST est de 116 € HT par travailleur et par an (arrêté du 25 septembre 2025), avec une fourchette autorisée de 92,80 € à 139,20 € HT. Ce coût est intégralement à la charge de l'employeur ; le salarié ne paie rien et son temps de visite est rémunéré.

Qu'est-ce que la visite de mi-carrière obligatoire à 45 ans ?

Instaurée par la loi du 2 août 2021, c'est une visite réalisée par le médecin du travail à 45 ans (ou à un âge fixé par accord de branche). Elle a pour objectif d'établir un état des lieux de la santé du salarié à mi-parcours et de proposer, si nécessaire, des aménagements de poste ou d'horaires pour prévenir l'usure professionnelle (article L.4624-2-2). Depuis le 29 juillet 2026, cette visite comprend aussi une sensibilisation aux facteurs de risque cardio-neuro-vasculaires, c'est-à-dire les maladies du cœur, du cerveau et des vaisseaux, et la proposition d'un dépistage précoce (loi n° 2026-668 du 27 juillet 2026).

Quels postes relèvent du suivi individuel renforcé en 2026 ?

Les postes exposant à : amiante, plomb, agents CMR (cancérogènes, mutagènes, toxiques pour la reproduction), agents biologiques des groupes 3 et 4, rayonnements ionisants, risques hyperbares, risques de chute de hauteur. Depuis le décret n° 2025-355 du 18 avril 2025, le SIR ne s'applique plus aux titulaires d'une simple habilitation électrique ou d'une autorisation de conduite : ils sont soumis à une attestation valable 5 ans.

Un salarié peut-il refuser une visite médicale obligatoire ?

En principe non. Le refus injustifié est considéré comme une faute professionnelle pouvant justifier des sanctions disciplinaires, voire un licenciement pour faute grave en cas de SIR. En revanche, la visite à la demande (article R.4624-34) est un droit du salarié : sa demande ne peut motiver aucune sanction.

Le médecin du travail peut-il transmettre les résultats à l'employeur ?

Non. Le secret médical est absolu. Le médecin du travail ne transmet à l'employeur que l'avis d'aptitude / inaptitude et les éventuelles préconisations d'aménagement du poste, sans révéler la raison médicale. L'employeur ne peut jamais demander au salarié les motifs médicaux d'une restriction. Le DMST (dossier médical en santé au travail) est confidentiel et conservé 40 ans par le SPST à compter de la dernière visite (article R.4624-45-9).

Comment Humans Board peut-il aider sur le suivi médical ?

Humans Board (DUERP numérique) ne remplace pas les visites médicales : il les rend plus efficaces. La plateforme détecte chaque semaine les signaux faibles RPS dans les équipes (anonymes, agrégés), ce qui permet de déclencher une visite à la demande (R.4624-34) avant la dégradation visible. Hébergement France.

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Sources primaires : Légifrance : Code du travail Section 2 : Suivi individuel de l'état de santé du travailleur (R.4624-10 à R.4624-45-9) · Légifrance : Art. R.4624-10 (VIP) · Ministère du Travail · Articles L.4621-1, L.4624-1 à L.4624-8, L.4624-2-2, L.1226-1-3, R.4624-10, R.4624-18, R.4624-23, R.4624-28, R.4624-29, R.4624-31, R.4624-34, R.4624-39, R.4624-45-9, R.4745-3, L.4745-1 du Code du travail · Loi n° 2021-1018 du 2 août 2021 (loi santé au travail) · Décret n° 2022-372 du 16 mars 2022 (modalités SIR) · Décret n° 2025-355 du 18 avril 2025 (suppression SIR pour habilitations électriques / autorisations de conduite, entrée en vigueur 1er octobre 2025) · Décret n° 2026-253 du 8 avril 2026 (valeurs limites plomb, diisocyanates et moteurs diesel ; modification de rédaction de l'article R.4624-23) · Arrêté du 25 septembre 2025 (cotisation SPST 2026) · Décret n° 2026-503 du 12 juin 2026 (visites de préreprise et de reprise, en vigueur le 15 juin 2026) · Cass. soc. 24 janvier 2024, pourvoi n° 22-18.437 (salaire dû dans l'attente de la visite de reprise)