IA en RH et AI Act : obligations 2026 et échéance de décembre 2027

Par Walid SAKR · Fondateur Humans Board · CESI Bac+6 Mis à jour : 13 min de lecture Sources : EUR-Lex (Règlement UE 2024/1689), Service-Public.gouv.fr, CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés)
AI Act et IA RH 2026 : sanction maximale de 15 millions d'euros ou 3 % du chiffre d'affaires mondial pour les systèmes à haut risque
AI Act en PME et ETI : obligations haut risque applicables au 2 décembre 2027, IA RH classée haut risque (Annexe III), formation obligatoire depuis le 2 février 2025, sanction jusqu'à 15 M€ ou 3 % du CA. Sources EUR-Lex, Service-Public, CNIL.
📌 Réponse rapide. L'AI Act (Règlement UE 2024/1689) est le règlement européen sur l'intelligence artificielle qui classe les systèmes d'IA utilisés en ressources humaines : recrutement, évaluation de performances, gestion des salariés : comme systèmes à haut risque (Annexe III). Pour les PME et ETI françaises, les règles de transparence s'appliquent au 2 août 2026 et les obligations propres aux systèmes à haut risque au 2 décembre 2027, avec sanctions jusqu'à 15 millions d'euros ou 3 % du chiffre d'affaires mondial.
📩 Le règlement européen sur l'intelligence artificielle s'applique par étapes, jusqu'en décembre 2027.
Recevez chaque nouveauté officielle qui touche vos obligations en ressources humaines, avec le lien direct vers le texte publié.
Recevoir les nouveautés réglementaires

En 2026, l'intelligence artificielle n'est plus une option dans les processus RH : 52 % des DRH se déclarent en retard sur le sujet (baromètre privé WTW 2025). Pour les PME et ETI françaises, le déploiement d'outils IA RH (tri de CV, scoring de candidats, évaluation de performances, mesure de l'engagement) entre dans un cadre juridique strict dont les obligations principales s'appliqueront au 2 décembre 2027 : l'AI Act. Cet article fait le point, sources légales à l'appui, sur le calendrier, les obligations, les sanctions et le plan de conformité applicable.

Qu'est-ce que l'AI Act et pourquoi l'IA RH est-elle concernée ?

Réponse : L'AI Act est le règlement européen UE 2024/1689, entré en vigueur le 1ᵉʳ août 2024. Il encadre les systèmes d'intelligence artificielle selon 4 niveaux de risque (inacceptable, haut risque, limité, minimal). Les outils d'IA utilisés pour le recrutement, l'évaluation des performances ou la gestion des salariés relèvent du niveau haut risque (Annexe III), même lorsque la PME se considère « simple utilisatrice ».

L'Artificial Intelligence Act (règlement UE 2024/1689) est le premier cadre juridique horizontal européen sur l'IA. Il s'applique à toutes les entreprises qui développent ou utilisent des systèmes d'IA sur le marché européen, quelle que soit leur taille.

En matière RH, le règlement vise spécifiquement les systèmes utilisés pour le recrutement et la sélection, l'évaluation des performances, la répartition des tâches, la surveillance et le contrôle des salariés.

Quelle est la situation réglementaire après le report ?

Réponse : Le report est acté. Le règlement « AI Omnibus », entré en vigueur en juillet 2026, décale au 2 décembre 2027 l'application des obligations pour les systèmes à haut risque de l'Annexe III, dont l'IA utilisée en ressources humaines. Depuis le 2 août 2026, les règles de transparence de l'article 50 s'appliquent et l'application du règlement par les autorités nationales et européennes a commencé. Seules les obligations propres aux systèmes à haut risque de l'annexe III sont décalées. En revanche, les pratiques interdites et l'obligation de formation à l'IA (article 4) s'appliquent déjà depuis le 2 février 2025.
Les deux dates à connaître
DateStatutSource
2 décembre 2027Date d'application des obligations haut risque, en vigueurRèglement « AI Omnibus », publié au Journal officiel de l'Union européenne
2 août 2026Règles de transparence applicables, début de l'application par les autoritésArt. 113 du règlement UE 2024/1689

Quel est le calendrier officiel d'application de l'AI Act ?

Réponse : Le règlement s'applique de manière échelonnée jusqu'en 2028. Quatre étapes sont déjà en vigueur : entrée en vigueur (1ᵉʳ août 2024), pratiques interdites et formation obligatoire (2 février 2025), modèles d'IA à usage général ou GPAI (2 août 2025), règles de transparence de l'article 50 et début de l'application par les autorités (2 août 2026). L'étape suivante est le 2 décembre 2026 : fin du délai laissé aux fournisseurs déjà sur le marché pour marquer les contenus produits par une intelligence artificielle, et nouvelles pratiques interdites. Viennent ensuite les systèmes à haut risque, dont l'IA RH.
Calendrier officiel AI Act : Règlement UE 2024/1689
DateÉtapeConcerne
1ᵉʳ août 2024Entrée en vigueur du règlementToutes entreprises UE
2 février 2025Pratiques interdites + formation art. 4Tous déployeurs et fournisseurs
2 août 2025Obligations modèles GPAI (ChatGPT, Claude, Gemini, Mistral)Fournisseurs GPAI
2 août 2027Modèles GPAI antérieurs à août 2025Fournisseurs antérieurs
2 décembre 2027Obligations systèmes haut risque (Annexe III)Déployeurs IA RH, scoring…

Pourquoi l'IA RH est-elle classée à haut risque (Annexe III) ?

Réponse : L'Annexe III du règlement liste 8 domaines à haut risque où l'IA peut affecter les droits fondamentaux. L'emploi, la gestion des travailleurs et l'accès à l'emploi non-salarié en font partie. Un outil de tri de CV, d'évaluation de performances ou de scoring de candidats est donc à haut risque par définition, même s'il n'est jamais commercialisé.

Selon l'Annexe III du règlement UE 2024/1689, les 8 domaines à haut risque sont :

  1. Biométrie
  2. Infrastructures critiques
  3. Éducation et formation professionnelle
  4. Emploi, gestion des travailleurs, accès à l'emploi non-salarié
  5. Accès aux services privés essentiels et aux services publics essentiels
  6. Répression
  7. Migration, asile, contrôle aux frontières
  8. Administration de la justice et processus démocratiques

En RH, sont concernés les systèmes d'IA utilisés pour : recrutement et sélection, évaluation des performances, décisions de promotion ou de licenciement, répartition des tâches, surveillance et contrôle des salariés.

Quelles sont les obligations du déployeur PME et ETI ?

Réponse : Une PME ou ETI qui utilise un outil IA à haut risque est déployeur au sens du règlement. Ses obligations principales : supervision humaine effective, conservation des logs, information des personnes concernées, évaluation d'impact sur les droits fondamentaux (FRIA) pour le secteur public, et surveillance post-déploiement.

L'AI Act distingue deux rôles principaux : le fournisseur (qui développe et met sur le marché le système d'IA) et le déployeur (qui l'utilise dans le cadre d'une activité professionnelle). La grande majorité des PME sont déployeurs : elles intègrent un SaaS, une API ou un module IA, sans développer le modèle.

Les 6 obligations principales du déployeur (Art. 26 et 27 du règlement)

La formation à l'IA est-elle déjà obligatoire en 2026 ?

Réponse : Oui. L'article 4 du règlement impose une obligation générale de formation à l'IA pour le personnel des entreprises déployant ou fournissant des systèmes d'IA. Cette obligation est entrée en vigueur le 2 février 2025, indépendamment du niveau de risque du système. Elle concerne toutes les entreprises, quelle que soit leur taille.

La formation doit être proportionnée aux fonctions des collaborateurs et à l'usage des systèmes d'IA. Pour une PME ou ETI utilisant un outil IA en RH, cela implique de former : les DRH et RRH, les managers utilisateurs, les recruteurs et plus largement toute personne susceptible d'interpréter ou d'agir sur la base d'une sortie produite par l'IA.

Comment articuler AI Act, RGPD et Code du travail ?

Réponse : L'AI Act ne remplace pas le RGPD (Règlement UE 2016/679) ni le Code du travail français : il s'y superpose. Le RGPD constitue la base solide de conformité (registre des traitements, PIA, base légale, minimisation). Le Code du travail impose l'information préalable du CSE sur les traitements automatisés de gestion du personnel (Art. L.2312-38).
Trois cadres juridiques à articuler
CadreObjetRéférence
RGPDProtection des données personnelles, registre, PIA, minimisationRèglement UE 2016/679
AI ActEncadrement des systèmes d'IA selon 4 niveaux de risqueRèglement UE 2024/1689
Code du travail FRConsultation CSE, santé physique et mentale, dialogue socialArt. L.2312-38 · L.4121-1

Quelles sanctions en cas de non-conformité ?

Réponse : L'article 99 du règlement prévoit 3 paliers de sanctions. Le palier applicable à l'IA RH (non-conformité haut risque) est de 15 millions d'euros ou 3 % du chiffre d'affaires mondial, le montant le plus élevé étant retenu. Les pratiques interdites peuvent atteindre 35 millions d'euros ou 7 % du CA mondial.
Sanctions AI Act : Article 99 du règlement UE 2024/1689
ManquementSanction maximaleRéférence
Pratiques interdites (Art. 5)35 M€ ou 7 % du CA mondialArt. 99 · §3
Non-conformité système haut risque (Art. 16, 22-27)15 M€ ou 3 % du CA mondialArt. 99 · §4
Informations incorrectes aux autorités7,5 M€ ou 1 % du CA mondialArt. 99 · §5
Pour les PME et startups, le règlement prévoit que le montant le plus faible entre les deux options peut être retenu (Art. 99 §6). Cette disposition n'élimine pas la sanction : elle module sa proportionnalité au regard de la taille de l'entreprise.

Comment se mettre en conformité avec l'AI Act en 6 étapes ?

Réponse : Un plan de mise en conformité à l'AI Act, en 6 étapes, permet à une PME ou ETI de couvrir l'essentiel : inventaire des systèmes IA, classification du niveau de risque, documentation (DPIA et FRIA), supervision humaine et conservation des logs, information CSE et salariés, surveillance post-déploiement.

Étape 1 : Inventaire des systèmes IA utilisés en RH

Recenser tous les outils utilisant de l'IA : tri de CV, scoring, chatbot RH, mesure d'engagement, détection de signaux faibles, planification automatique. Inclure SaaS, modules IA intégrés au SIRH, API.

Étape 2 : Classer chaque outil par niveau de risque (Annexe III)

Confronter chaque outil à l'Annexe III du règlement. Les outils d'évaluation, de sélection ou de surveillance des salariés relèvent du haut risque par défaut.

Étape 3 : Documentation DPIA RGPD et FRIA AI Act

S'appuyer sur la PIA RGPD existante (CNIL) et la compléter par une évaluation d'impact sur les droits fondamentaux (FRIA) : obligatoire dans le secteur public, fortement recommandée dans le privé.

Étape 4 : Supervision humaine et conservation des logs

Mettre en place une supervision humaine effective (un humain peut écraser la décision IA) et conserver les logs automatiquement générés par le système (Art. 26 du règlement).

Étape 5 : Information du CSE et des salariés

Consulter le CSE en amont du déploiement (Art. L.2312-38 du Code du travail), informer les salariés et candidats sur l'usage de l'IA, la finalité et les traitements automatisés.

Étape 6 : Surveillance post-déploiement et signalement

Mettre en place un suivi continu du système, identifier les biais et incidents, signaler les incidents graves au fournisseur et, le cas échéant, à l'autorité nationale compétente (en France : CNIL).

Comment Humans Board aide-t-il les PME et ETI à se conformer ?

Réponse : Humans Board est un outil français qui aide à compléter le DUERP, à évaluer les risques et à croiser les données avec le terrain, pour maîtriser tous les risques y compris les risques psychosociaux : analyse uniquement agrégée et anonyme (pas de scoring individuel exposé) et journaux accessibles.

Ce que fait Humans Board sur les points visés par l'AI Act

Questions fréquentes

L'AI Act s'applique-t-il aux PME françaises qui utilisent simplement un logiciel RH avec IA ?

Oui. Une PME qui utilise un logiciel RH alimenté par l'IA (tri de CV, scoring, évaluation) est un déployeur au sens du règlement. Les obligations s'appliquent, même si la PME n'a pas développé le modèle. La conformité RGPD existante est une base utile.

Les obligations pour l'IA à haut risque sont-elles reportées ?

Oui. Le règlement « AI Omnibus », entré en vigueur en juillet 2026, reporte au 2 décembre 2027 l'application des obligations pour les systèmes à haut risque de l'Annexe III, dont l'IA utilisée en ressources humaines. L'obligation de formation à l'IA, elle, s'applique déjà depuis le 2 février 2025. Les entreprises prudentes se préparent sans attendre 2027. La veille réglementaire en ressources humaines prévient par e-mail dès qu'un texte officiel change une obligation.

Quelle est la différence entre un fournisseur et un déployeur ?

Le fournisseur développe et met sur le marché le système d'IA. Le déployeur l'utilise dans le cadre d'une activité professionnelle. La grande majorité des PME et ETI sont déployeurs : elles intègrent un SaaS ou une API sans développer le modèle.

L'obligation de formation à l'IA (Art. 4) est-elle applicable même sans système haut risque ?

Oui. L'article 4 du règlement impose une obligation générale de formation à l'IA pour le personnel des entreprises déployant ou fournissant des systèmes d'IA, quelle que soit la catégorie de risque. Cette obligation est entrée en vigueur le 2 février 2025.

Faut-il consulter le CSE avant de déployer un outil IA RH ?

Oui pour les entreprises de 50 salariés et plus. L'article L.2312-38 du Code du travail impose d'informer le CSE avant d'utiliser une méthode d'aide au recrutement et avant de mettre en place un traitement automatisé de gestion du personnel ; la consultation, elle, est requise avant la mise en œuvre d'un moyen permettant de contrôler l'activité des salariés.

Quelles sanctions risque une ETI en cas de non-conformité haut risque ?

Selon l'article 99 §4 du règlement, jusqu'à 15 millions d'euros ou 3 % du chiffre d'affaires annuel mondial, le montant le plus élevé étant retenu. Pour les PME et startups, le montant le plus faible peut être retenu (Art. 99 §6).

Que fait Humans Board au regard de l'AI Act ?

Humans Board procède à une analyse agrégée uniquement, sans scoring individuel, et ses journaux sont accessibles. Les obligations du règlement européen pour l'intelligence artificielle à haut risque s'appliqueront au 2 décembre 2027.

Mettez votre IA RH en conformité avant le 2 décembre 2027
Diagnostic gratuit en 30 minutes avec le fondateur, sans engagement

📩 Demander un devis à Humans Board

Vous préférez démarrer par l'audit absentéisme ?
📊 Calculer le coût de mon absentéisme

Sources primaires : EUR-Lex : Règlement UE 2024/1689 (AI Act) · Service-Public.gouv.fr : AI Act : quels changements pour les entreprises · CNIL : IA et RGPD · Légifrance : Code du travail Art. L.2312-38 et L.4121-1 · Article 113 du règlement UE 2024/1689 (calendrier) · Article 99 (sanctions) · Article 26 (obligations déployeur) · Article 4 (formation) · Annexe III (8 domaines haut risque) · Règlement « AI Omnibus » (paquet Digital Omnibus), publié au Journal officiel de l'Union européenne et entré en vigueur en juillet 2026