GEPP 2026 : guide PME et ETI · mobilité interne et compétences

Par Walid SAKR · Fondateur Humans Board · CESI Bac+6 Mis à jour : mai 2026 12 min de lecture Sources : Légifrance — Code du travail Art. L.2242-20, Service-Public.gouv.fr
Infographie GEPP 2026 PME et ETI : négociation obligatoire 300+ salariés, périodicité 3 ans, mobilité interne, modifications loi 2025-989 au 1er janvier 2026.
📌 Réponse rapide. La Gestion des Emplois et des Parcours Professionnels (GEPP) est l'obligation française imposée par l'article L.2242-20 du Code du travail aux entreprises et groupes d'au moins 300 salariés de négocier tous les 3 ans (ou 4 ans par accord) un dispositif de gestion prévisionnelle des emplois, de la mobilité interne et des compétences. Issue des ordonnances Macron de 2017, elle a été modifiée par la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, dont les nouvelles dispositions sont entrées en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2026.

En 2026, la GEPP n'est plus un dispositif marginal de gestion prévisionnelle. C'est devenu un levier stratégique de conformité, d'attractivité et de rétention pour les ETI françaises confrontées aux transitions numérique, écologique et démographique. 58 % des DRH placent la GEPP parmi leurs priorités (WTW Baromètre DRH 2025). Surtout, la loi seniors n° 2025-989 du 24 octobre 2025 a modifié l'articulation entre négociation GEPP, négociation seniors et entretiens de parcours professionnel — avec entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2026. Cet article fait le point — sources légales à l'appui.

Qu'est-ce que la GEPP et en quoi diffère-t-elle de la GPEC ?

Réponse : La GEPP (Gestion des Emplois et des Parcours Professionnels) est un dispositif français de négociation collective obligatoire dans les entreprises d'au moins 300 salariés. Elle a remplacé la GPEC (Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences) en 2017 via les ordonnances Macron. Différence clé : la GPEC anticipait des besoins moyens terme ; la GEPP intègre une logique de parcours individuel et d'adaptation permanente aux transitions économiques, numériques et écologiques.

GPEC vs GEPP — Évolution juridique

CritèreGPEC (avant 2017)GEPP (depuis 2017)
OrigineLoi Borloo 2005Ordonnances Macron 2017
FocusPrévision moyen termeParcours individuel · adaptation permanente
Thèmes ajoutésTransition écologique · IA · transition numérique
PériodicitéTriennale fixeTriennale par défaut (jusqu'à 4 ans par accord)
Référence légaleCode du travail (ancienne version)Art. L.2242-20 et suivants

Quelles entreprises sont concernées par la négociation GEPP ?

Réponse : La négociation GEPP est obligatoire dans les entreprises et groupes d'entreprises d'au moins 300 salariés, ainsi que dans les entreprises ou groupes de dimension communautaire comportant au moins un établissement ou une entreprise d'au moins 150 salariés en France. En dessous de ces seuils, la GEPP reste facultative — mais constitue un levier reconnu de prévention des risques sociaux et économiques.

Qui doit négocier la GEPP ?

Type d'entitéEffectif déclencheurStatut
Entreprise unique≥ 300 salariésObligation triennale
Groupe d'entreprises (au sens L.2331-1)≥ 300 salariés au totalObligation triennale
Groupe de dimension communautaire (L.2341-1)≥ 150 salariés en France (un établissement)Obligation triennale
Entreprise < 300 salariésNégociation facultative

Quelle est la périodicité de la négociation GEPP ?

Réponse : Par défaut, la négociation GEPP est triennale (tous les 3 ans). Depuis les ordonnances Macron de 2017, un accord d'adaptation peut porter la périodicité jusqu'à un maximum de 4 ans. Cette périodicité s'applique également au CSE pour la consultation sur les grandes orientations stratégiques. À défaut d'accord majoritaire, l'employeur élabore un document unilatéral après consultation du CSE.

Quels thèmes la négociation doit-elle obligatoirement aborder ?

Réponse : L'article L.2242-20 du Code du travail liste 5 thèmes obligatoires : (1) mise en place d'un dispositif de gestion prévisionnelle des emplois et compétences notamment pour la transition écologique, (2) mesures d'accompagnement (formation, CPF, VAE, bilan de compétences), (3) conditions de la mobilité professionnelle ou géographique interne (Art. L.2254-2), (4) grandes orientations à 3 ans de la formation professionnelle, (5) perspectives de recours aux différents contrats de travail.

Comment articuler GEPP, mobilité interne et loi seniors 2025-989 ?

Réponse : La loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 a introduit des modifications dans les dispositions GEPP (article 11 II), avec entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2026. Concrètement, la négociation seniors (Art. L.2242-2-1 nouveau) coexiste avec la négociation GEPP : transmission des savoirs et compétences, aménagements de fin de carrière et mobilité interne s'articulent désormais explicitement. Les entreprises de 300+ salariés doivent intégrer cette double dimension dans leur agenda social.

Quel est le lien entre GEPP, plan de développement des compétences et entretien professionnel ?

Réponse : La GEPP est la négociation stratégique qui définit le cap à 3 ans. Le plan de développement des compétences (anciennement plan de formation) est l'outil opérationnel annuel qui décline les actions concrètes. L'entretien de parcours professionnel (Art. L.6315-1 modifié par loi 2025-989) — désormais tous les 4 ans — est l'instance individuelle qui relie les deux à la trajectoire de chaque salarié.

Quelles sanctions en cas de défaut de négociation GEPP ?

Réponse : L'absence de négociation GEPP dans une entreprise d'au moins 300 salariés expose à un délit d'entrave sanctionné par l'article L.2243-2 du Code du travail : amende de 3 750 € et peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à 1 an. Au-delà : perte d'accès à certaines aides publiques liées à la formation et à l'emploi, risque contentieux avec les représentants du personnel et indemnisation des salariés privés d'une opportunité de conserver leur emploi.

Risques juridiques en cas de défaut de négociation

ManquementSanction / risqueRéférence
Absence de négociation GEPPDélit d'entrave : 3 750 € + 1 an d'emprisonnementArt. L.2243-2
Défaut d'information du CSE sur orientations stratégiquesDélit d'entrave aggravéCode du travail
Licenciement économique sans GEPP préalableIndemnisation du salarié pour perte d'opportunitéJurisprudence Cass.
Défaut d'adaptation aux évolutions des emploisManquement à l'obligation d'adaptation (L.6321-1)Art. L.6321-1
Aides publiques formation/emploiPerte d'éligibilitéRéglementation aides

Comment se mettre en conformité GEPP en 6 étapes ?

Réponse : Un plan de mise en conformité GEPP en 6 étapes permet à une ETI française de couvrir l'essentiel : cartographier les emplois et compétences, anticiper les évolutions, ouvrir la négociation, formaliser l'accord, déployer les actions, suivre les indicateurs. À mener tous les 3 ans (ou 4 ans par accord d'adaptation), en lien avec la négociation seniors et le plan de développement des compétences.

Étape 1 — Cartographier les emplois et les compétences

Recenser les emplois par catégorie, l'âge moyen, l'ancienneté, les diplômes et les compétences certifiées. Un référentiel de postes solide est le préalable à toute GEPP crédible.

Étape 2 — Anticiper les évolutions sectorielles à 3 ans

Analyser les impacts de l'IA, du numérique, de la transition écologique sur les métiers. Identifier les emplois en évolution, en croissance, en obsolescence.

Étape 3 — Ouvrir la négociation collective

Convoquer les organisations syndicales représentatives. Présenter les orientations stratégiques et le diagnostic. Couvrir les 5 thèmes obligatoires (Art. L.2242-20).

Étape 4 — Formaliser l'accord ou le document unilatéral

En cas d'accord majoritaire, signer l'accord (durée maximale 4 ans). À défaut, rédiger un procès-verbal de désaccord et un document unilatéral après consultation du CSE.

Étape 5 — Déployer les actions concrètes

Décliner l'accord en plan de développement des compétences (annuel), passerelles de mobilité interne, programmes de formation, dispositifs CPF/VAE.

Étape 6 — Suivre les indicateurs et alimenter la BDESE

Mettre en place un tableau de bord : taux de mobilité interne, accès à la formation, écarts de compétences résorbés. Alimenter la BDESE pour la consultation du CSE.

Comment Humans Board aide à piloter la démarche GEPP ?

Réponse : Humans Board fournit aux ETI les données factuelles d'engagement et de charge par équipe et par catégorie qui complètent utilement la cartographie GEPP traditionnelle. Détection des signaux faibles de surcharge ou de désengagement avant qu'ils n'affectent les parcours, alimentation automatique de la BDESE, support du diagnostic préalable à la négociation. IA souveraine française, conforme RGPD et ANI QVCT 2023.

Ce que Humans Board apporte à la GEPP

Questions fréquentes

Ma PME de 250 salariés est-elle concernée par la GEPP ?

Non, la négociation GEPP est obligatoire à partir de 300 salariés au niveau de l'entreprise ou du groupe (article L.2242-20 du Code du travail). En dessous, la démarche est facultative — mais constitue un levier de prévention des risques sociaux et économiques fortement recommandé.

Quelle est la différence entre GEPP et plan de développement des compétences ?

La GEPP est une démarche stratégique de moyen terme (3 ans) issue d'une négociation collective. Le plan de développement des compétences est un outil opérationnel annuel qui décline concrètement les actions de formation. L'un définit la trajectoire, l'autre l'exécute.

Quels sont les 5 thèmes obligatoires de la négociation GEPP ?

Selon l'article L.2242-20 : (1) mise en place d'un dispositif de gestion prévisionnelle incluant la transition écologique, (2) mesures d'accompagnement (formation, CPF, VAE), (3) conditions de la mobilité professionnelle ou géographique interne, (4) grandes orientations à 3 ans de la formation, (5) perspectives de recours aux différents contrats de travail.

Quelle est la périodicité de la négociation GEPP ?

Triennale par défaut. Un accord d'adaptation peut porter la périodicité jusqu'à un maximum de 4 ans (depuis les ordonnances Macron de 2017). À défaut d'accord, la négociation doit être engagée tous les 3 ans.

Que risque mon entreprise si elle n'engage pas la négociation GEPP ?

Délit d'entrave sanctionné par l'article L.2243-2 du Code du travail : amende de 3 750 € et peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à 1 an. Risque supplémentaire : perte d'accès à certaines aides publiques formation/emploi et risque contentieux avec les représentants du personnel.

Quel est l'impact de la loi seniors 2025-989 sur la GEPP ?

L'article 11 II de la loi 2025-989 a modifié les dispositions GEPP, avec entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2026. La négociation seniors (Art. L.2242-2-1 nouveau) coexiste désormais avec la négociation GEPP. Les ETI doivent intégrer la transmission des savoirs et la gestion des âges dans leur démarche GEPP.

Peut-on faire la GEPP sans accord majoritaire ?

Oui. En l'absence d'accord majoritaire, l'employeur peut élaborer un document unilatéral après consultation du CSE. Un procès-verbal de désaccord doit alors être rédigé, listant les propositions respectives des parties et les mesures GEPP que l'employeur entend appliquer.

La GEPP doit-elle intégrer l'intelligence artificielle ?

Ce n'est pas une obligation expresse de l'article L.2242-20, mais c'est fortement recommandé en 2026. Une étude Xerfi 2025 anticipe 2 millions de postes à requalifier en IA d'ici 2030. L'intégration de l'IA et de la transition numérique dans la GEPP devient un critère de qualité de la démarche.

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Sources primaires : Légifrance — Code du travail Art. L.2242-20 à L.2242-21 (sous-section 4) · LOI n° 2025-989 du 24 octobre 2025 · Service-Public.gouv.fr — Négociation GEPP · Code du travail Art. L.2254-2 (mobilité interne) · Art. L.2243-2 (sanctions délit d'entrave) · Art. L.6315-1 (entretien de parcours professionnel) · Art. L.6321-1 (obligation d'adaptation) · Ordonnances Macron du 22 septembre 2017 · Loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 (loi Climat, art. 40 — transition écologique)